Mohamed Aouragh

Accueil » Poèmes » MIDELT BIEN AIMEE

MIDELT BIEN AIMEE

Chaque retour d’exil
De mon foyer de mon île
A l’aube j’erre dans ma ville
Celle qu’un matin au levé
Tel un voleur j’ai quittée
La mort dans l’âme
De la voir dépérir
Et perdre son sourire
Fuyant le désespoir
Seul bagage l’espoir
D’un ailleurs
Bien meilleur
Lâchant bride aux souvenirs
De ma ville au tumultueux avenir…

Bien aimée
Jadis la plus illuminée
Perle de l’AYACHI enneigé
Tolérante pour tes communautés
Flamboyante de tes activités
Tes immenses prairies
Tes jardins fleuris
Ton paysannat modèle
Tes infrastructures les plus belles
Tes Ksour millénaires
Aux rebelles légendaires
Les richesses de tes mines t’ont gâtée
La fermeture de MIBLADEN-AHOULI*
Puis la terrible chute est arrivée…

Bien aimée
Aujourd’hui de tes cendres tu renais
Après un coma longtemps enduré
Tu t’es transformée
En cité désordonnée
A ta porte la pauvreté
A ta porte la prospérité
Débordante de projets
D’énormes chantiers
Convoitent les appétits…

Bien aimée
Te souhaitant longue vie
Ton ventre s’est arrondi
Tu as choyé et accueilli
De nombreux étrangers
De nombreux invités
Tu as enfanté
De sincères indignés
De coriaces butés
De tyrans arrivistes
Qui t’ont poignardé
Dès que tu avais le dos tourné
De véreux opportunistes
Ces rusés charognards
Au virulent dard
Leurs couteaux aiguisés
Désirant t’assassinée
Te dépecer t’accaparer…

Bien aimée
Naguère les élections annoncées
Un printemps à ne pas rater
Restons vigilant et aux aguets
Les rapaces sont de retour
Dans leurs sacs maints tours
Avec leurs beaux discours
Leur amabilité
Leur obséquiosité
De leurs voitures dernier cri
Se pavanent te narguent les bandits
Pour te conquérir te dépouillée
Ils sont lourdement armés
Pour violer ton humble générosité
Ces voraces cannibales
Affluent de leurs cavales
Derrière leurs Djellabas immaculées
De faux dévots des mosquées
Ces vampires de biens assoiffés
S’acharnent férocement pour y arriver…

Bien aimée
Chance et longue vie
Saluons nos intègres amis
Habitants rebelles résistants
Humbles généreux accueillants
Nos dignes combattants
Nos obligeants valeureux
Nos justes courageux
Nos fidèles enragés
Inlassablement engagés…

Bien aimée
Tes associations
Toujours en action
Dans leurs quartiers délaissés
Les manches retroussées
Œuvrent nuit et jour
De leurs durs labeurs
Soutiennent et aident à jamais
Les laissés pour compte
Condamnés à une mort lente
Les damnées les éraflés
De leur combat acharné
Contre la misère assassine.

MIBLADEN-AHOULI* : mines dans le Haut-Atlas qui employait à l’époque 3 000 ouvriers avant l’arrêt définitif en 1975

Publicités

Un commentaire

  1. youssef dit :

    j’ ai bcp apprécié ce beau poème avec son style agréable à lire et à relire .B . Youssef

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

Follow Mohamed Aouragh on WordPress.com
%d blogueurs aiment cette page :