Mohamed Aouragh

Accueil » Poèmes » TAMGHARTE* N’ANEFGOU*

TAMGHARTE* N’ANEFGOU*

Sur ce chemin escarpé
Tu traînais ton âge courbé
Ton visage d’endurance ridé
Tes mains de peine abîmées
Au bord de ce ruisseau
Un fagot pesait sur ton dos…

Ton image ce jour là
Dans ce bled là bas
A fait rager pleurer
Ceux qui ignoraient
Ou méconnaissaient
Ta région enclavée
Oubliée abandonnée…

Tu souriais avec gravité
Le calvaire enduré
Ta condition une lame acérée
Un cœur remué bouleversé…

Tu t’es assise essoufflée
Ton supplice à conter
Avec dignité
Avec humilité…

Puis tu t’es relevée
Avec difficulté
Tu n’as pas souhaité
Être soutenue ni aidée
Pour montrer
Au monde entier
Ta situation Sisyphée
Qui n’a pas changé
Depuis que tu es née…

Tu n’as pas oublié
La coutume d’inviter
Prendre un verre de thé
Rester manger
Ceux qui te filmaient
Et t’interviewaient
Cette fois on ne t’oubliera pas.

TAMGHARTE* : grand-mère en berbère
ANEFGOU* : village berbère dans Le Haut Atlas marocain resté enclavé par la neige pendant trois mois l’hiver 2007. Il y a eu plusieurs morts surtout des bébés, des malades des femmes enceintes et des vieillards. Des journalistes d’une télévision ont fait un reportage qui a ému le Maroc entier. Le roi est allé passer trois jours en solidarité avec les habitants.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

Follow Mohamed Aouragh on WordPress.com
%d blogueurs aiment cette page :