Mohamed Aouragh

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ESSAOUIRA L’ENSORCELEUSE

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Remparts des alizés
Goélands messagers
Murs blancs immaculés
Reflètent un soleil illuminé
Portes bleues entrebâillées
Donnant sur une mer agitée…

Ruelles étroites mouillées
Furtivement traversées
De femmes drapées
D’un HAÏK* arrimé
Qui laisse entrevoir à l’horizon
Un regard immense et fascinant
Juste à l’abri d’un muret
Deux beaux chats tigrés
Somnolent les pattes étirées
Leurs petits sous un carton abrités…

Échoppes d’Artisans animées
D’objets de thuya présentés
Par des mains d’artistes sculptés
Des toiles de maitres exposées
Des tapis aux mille couleurs décorés
De musc et d’ambre parfumés…

Gargotes alignées restaurées
Poissons de toutes variétés
Terrasses de bistrots bondées
De gens flegmes attablés
Devant leur tasse de café
Regardant les touristes passer
Et rêvant d’ailleurs et de l’Etranger
Foule battante écrasante
Souvent envahissante…

Essaouira l’envoutante
Aux LILAS* délirantes
Empreinte des années
D’artistes renommés
HENDRIX* le virtuose exalté
Et PACO* le sage Gnawi
Avec son HAJHOUJ* typique
Ses éternels chants et musiques
Festival Gnawa ovationné
Par la foule et les célébrités…

Essaouira la tolérante
Essaouira l’émouvante
Chants des Gnawas enchaînés
Rythmes mer et vent déchaînés
Baigneurs bronzés surfeurs à l’apogée
Cérémonie aux couleurs variées…

Essaouira la branchée
Aux RIADES d’étrangers
Généreuse et mythique
De ton MELAH* typique
De tes communautés
De déférentes nationalités
Vivant en toute sérénité
Ensemble en pleine harmonie…

Essaouira la citadelle
Essaouira la virtuelle
Avec ta force de se raconter
Transmettre et promulguer
Tel KANDICHA* la belle
Ou KAHINA* la rebelle
Insoumises résistantes
Bouleversantes fascinantes …

Essaouira l’apaisante
Essaouira l’exubérante
Pas loin de ton port
De l’autre côté du bord
Quartier des pécheurs éloigné
Survivent abandonnés atterrés
Dans le dénuement et la précarité
Des jeunes aux rêves égarés
Des enfants de rue largués
Mangent du pain sec beurré
Au fumet de gasoil aromatisé
D’un grand bus déglingué
De voyageurs encombrés
Corbillard d’une mort annoncée
Dans cette route asphaltée
Bordée de centenaires arganiers
Aux branches toujours occupées
De cabris et chèvres perchées…

Juillet 1999

HAÏK* : drap qui couvre le corps
LILAS* : soirées de chants et transe Gnawas
HENDRIX* : chanteur et guitariste des années 60
PACO* : membre du célèbre groupe Nass El Ghiwane
HAJHOUJ* : sorte de banjo instrument de musique Gnawa
MELAH* : quartier juif
AÏCHA KANDICHA*: Fille d’un cheikh de tribu du Haut-Atlas. Pour venger son amant tué par les soldats, par sa beauté elle attirait ces derniers, et les tuait.
Elle est devenue résistante contre l’occupant portugais au16ème siècle.
KAHINA* : Huit siècles avant Jeanne d’Arc, cette chef berbère a dirigé des armées contre l’envahisseur.
Une femme guerrière qui a tenu en échec les troupes arabes pendant plusieurs années.

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2 commentaires

  1. Magnifique poème et qui d’un coeur amoureux d’elle la décrit si bien …Essaouira , Mogador ,mon amour.Bravo .

  2. La Fée dit :

    Merveilleux !!

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