Mohamed Aouragh

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KSAR DE L’ATLAS

Très loin là bas
Au fond d’une vallée
Le temps s’est figé
Depuis l’éternité
Coule tel un ruisseau
Aux rythmes peu généreux
Des Moussems* et des saisons
Bordé de calme apaisant…

Place du Ksar
Passage animé
Passage obligé
Des voyageurs
Des randonneurs
Flashent l’authentique
De cet endroit féerique
Et poursuivent leur chemin
Vers d’autres patelins…

D’autres visiteurs
Tissent des liens
Poignée de mains
Rencontres inopinées
Échanges égayées
Avec les habitants
Chaleureux accueillants…

Dépaysement assuré
Instant de convivialité
Autour d’un verre de thé
Ou d’un Tajine bien mijoté
Sur un Kanoun*enfumé
Dégusté et accompagné
De fines galettes de blé
Cuites dans un four en pisé…

Les touristes enchantés
Au retour dans leur pays
Au fond de leur sac à dos
Des souvenirs des photos
Qu’ils partageront ravis
Un soir entre ami
Autour d’un diner …

À l’ombre de l’entrée
Du centenaire Ksar fortifié
Des vieillards accroupis
Adossés au mur enracinés
Ces anciens combattants
Jadis rebelles résistants
Des années écoulées
Aguerris ils ont croisés le fer
Pendant la dernière guerre…

Patrimoine authentique
Ces fiers guerriers
Regards oblique
Sans sourciller
Mains et visages plissés
Avec sérénité et fierté
Continuent à relater
À rêver à conter
Leur passé leur vie
Avec entrain et nostalgie
L’œil toujours ardent
Étincelant guettant
La route et l’horizon
Dans l’attente de l’arrivée
Des amis des passagers
D’un pick-up ou d’un camion
Chargé de provisions
Et de récentes nouvelles
Du Souk et de la ville…

Des enfants souriants
Coquins polissons
Rieurs poussiéreux
Regards curieux
Se bousculent et luttent
Jouent et se disputent
Un ballon de fortune…

Des ados désemparés
Lancent des objets
Sur une cible éloignée
S’occupent la journée
Espèrent chasser l’ennui…

Femmes affairées
Femmes asservies
Le dernier né sur le dos
La saga des bidons d’eau
Que des fillettes puisent
D’un puits bientôt aride…

Femmes tatouées
De peine et corvées
Arrivent de la forêt
Fagot de bois sur le dos
Courbées essoufflées
La tête dans le sentier
Rude sinueux escarpé
Elles fredonnent enjouées
La célèbre Tamawayte*
Sur un air de fête
Hymne des mères
Complainte berbère
Chant aux mille rimes
Échos de nos cimes…

Sur les sommets
Haut perchés
Deux jeunes bergères
A la vie rudimentaire
Font paître leur cheptel
Nomades éternels
Sous un soleil foudroyant
Éclatant brûlant blessant…

Hommes de peines courbés
Dans les vergers les champs
Mains et pioches déchirant
Le lopin de terre
Si fécond naguère…

Jeunes hommes exilés
Contrains et obligés
Aux travaux lointains
Espérant à l’arrivée
De meilleurs lendemains
D’autres personnes exilées
Dans des pays étrangers
Nostalgiques toute l’année
Attendent patiemment l’été…

Cigogne gardienne
De la tour consolidée
Nourrit ses petits
Aigle roi déploie
Ses immenses ailes
Solitaire dans un ciel
Sans nuage ni pluie…

12 juillet 2005

Moussems* : Grands rassemblements annuels des tribus qui se retrouvent pour fêter la fin des récoltes autour d’un sanctuaire comme le Moussoum d’IMILCHIL

Kanoun* : coin de feu pour la cuisson

Tamawayte* : chant berbère

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2 commentaires

  1. My Youssef dit :

    J ai particulièrement apprécié ton poème. IL m’ a touché . My youssef fes

  2. Perrin-Merloz Jeannine dit :

    Merci pour ta belle poésie réaliste Mohamed.
    23 août 2017 Ksar Zaouia Sidi Hamza :
    En fin de matinée, nous avons croisé un jeune habitant, de retour des champs, à dos d’un mulet chargé de fourrage frais. Ailleurs dans sa tête, les écouteurs de son smartphone accrochés aux oreilles.
    Un peu touristes un peu d’Ici aussi.
    Les Midelti J & A

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