Mohamed Aouragh

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L’ECOLIER DE FLILOU*

Depuis le fameux jour
Où ce touriste vagabond
De passage dans ta région
T’a offert ce stylo ce crayon
Ce cahier nommé Conquérant…

Ainsi que ce livre parsemé
D’étonnantes images bordées
D’infinies illustrations
Relatant ces pays lointains
Ces beaux pays européens…

Un immense bonheur
A emplit alors ton cœur
Te comblant de mille rêves…

Inespéré ce trésor inouï
Heureux et épanoui
Tu le caches bien à l’abri
L’envie d’apprendre d’écrire
Depuis longtemps
L’envie de découvrir de partir
Dès l’âge de tes six ans
Rejoindre l’école éloignée
En compagnie de ton frère
Et des enfants du Douar…

Les récits émouvants
Les difficultés révélées
Par ce frère ainé éprouvé
Par de longues marches à pieds
Rentrant chaque soir éreinté
Depuis l’école si éloignée
Lui fait regretter son métier
Gardien de moutons la journée…

Ne te découragent
Ni ses levés avant l’aube
Ses trajets caillouteux infinis
Et les traversées risquées
De l’Oued parfois déchaîné
Au péril de sa vie…

Ni les chemins escarpés
Matins et soirs opaques
Les pieds ensanglantés
Nombreuses pierres acérées
Qu’il ne peut rarement éviter
Que ses sandales de plastique
Ses chaussettes de fortune
Que votre père a tricoté
Ne peuvent protéger…

Et puis ces hivers enneigés
Oreilles et visage gercés
Parfois la traversée
Du pont chancelant
Périlleux de la rivière glacée
Tord de souffrances
Orteils et doigts gelés
Malgré tant de prudence…

Ces obstacles incessants
Et les mystères itinérants
Des contes effrayants
Exagérés d’imagination
Que MMIHANNA* narre
Au coin du feu le soir
Telles les furtives apparitions
Des Djinns malfaisants
D’Aïcha Kandicha* l’ensorceleuse
Et les Hyènes de l’Ayachi* les rôdeuses
Déchiqueteuses et dévoreuses
De jeunes bergers
Ou d’enfants égarés…

Sans oublier l’instit coléreux
Intransigeant ombrageux
Vaniteux citadin exilé
Dans ces lointaines contrées
Qui selon son humeur changeante
Inflige humiliations et punitions
Distribue des gifles cinglantes
Et des coups de bâton à répétitions…

Vivre ces journées d’enfer
Avec sa fameuse règle de fer
Douloureuses brûlures
Au bout des doigts paralysés
Malheur à l’élève étourdi
Dont le verset n’est pas appris…

Tous ces longs récits
Ne briseront pas ta volonté
De partir comprendre étudier
Et changer peut être ta destinée…

Aux enfants des régions enclavées
Qui marchent des kms à pieds
Pour rejoindre leurs écoles éloignées.

FLILOU* : Douar dans la région de Midelt ville marocaine

MMIHANNA* : nom affectueux donné aux grand-mères

Aïcha Kandicha* : elle a l’apparition d’une belle et attirante femme envoutante…

L’historique d’Aïcha Kandicha* : Fille d’un cheikh de tribu du Haut-Atlas. Pour venger son amant tué par les soldats, par sa beauté elle attirait ces derniers, et les tuait.Elle est devenue résistante contre l’occupant portugais au16ème siècle.

Ayachi* : montagne culminant à 3 757 m d’altitude près de Midelt

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2 commentaires

  1. sara dit :

    bravo sara belaabas

  2. oussama el haidi dit :

    Bravo tu as réussi à décrire les souffrances des petits enfants

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