Mohamed Aouragh

Accueil » Poèmes » CONTEUR DE L’AFNA*

CONTEUR DE L’AFNA*

Publicités

Bonne année 2016 سنة سعيدة

Le Chergui enflamme
La place de l’Afna*
Semant des grains de sable
Arrachées aux dunes dorées…

L’érudit enchanteur
Dernier conteur
Une bouteille Sidi Ali
Posée à ses pieds
Sur un vieux tabouret
Son parchemin jaunit
Barbe grise fournie
Djellaba immaculée
La parole aux aguets
Il conviât l’assemblée
De se rapprocher…

Dès que l’Halka* s’est formé
D’adeptes et d’estivants
De curieux et vagabonds
Le conteur avale une gorgée
Prononce la Basmala*
Invoque Les Sept Saints*
Embrasse ses mains
Et dicte la formule
Il était une fois
Ensuite lance le récit…

C’est l’art d’une vie
Un artiste magnifie
Avec son pinceau
Fluide tel un ruisseau
Il peint avec sérénité
Infaillible mémoire
Il poétise les histoires
Les tragédies du poète fou de Laila*
Et du valeureux Antar et sa belle Abla*…

L’assemblée émerveillée
Momifiée les yeux écarquillés
Envoûtée ensorcelée
L’appel au vagabondage
A travers les âges
L’envol au bout des cils
Porté vers le ciel…

Des palais enchantés
Des mille et une nuits
Des terres franchies
Des cimes des médinas
Des rêves au delà
L’insaisissable lointain
Dans le creux des mains…

Conte authentique lyrique
Magique et tragique
Profane sacré
L’haleine saisit
Le souffle figé…

Apaisante ravissante allure
La séduisante aventure
Danseuse orientale
Ensorcelante fatale
Ondulante calligraphie
Belle et promesse Houri…

Dans l’immense foulée
Le récit berce le creuset
Du rêve voyageur
Sans soucis ni frayeur
Sur un tapis envolé
Des déserts traversés
Des mers paysages et prairies
Vallées et rivières des paradis
Puis arrive le coucher enflammé
Tel un immense tapis rouge sang
Il couvre la grande place et les gens…

Marrakech juillet 1989

Cris du Maroc – Gap Editions

L’Afna* : grand place à Marrakech
L’Halka* : cercle de spectateurs autour du conteur
Basmalla* : expression en langue arabe utilisée notamment pour commencer les sourates du Coran
Sept saints* : les saints de Marrakech
Kais et Laila * : Majnoun Leila en arabe – majnûn : fou (amoureux) de Laylâ : Leïla), Majnûn Laylâ ou Qays et Layla en arabe), est une histoire d’amour populaire d’origine arabe (potentiellement préislamique) racontant les péripéties concernant le poète bédouin Qays ibn al-Moullawwah et sa cousine Layla al-Amiriyya.
Antar et Abla* : Antar est né d’une servante abyssinienne, ce qui lui valut un mépris auquel il ne put échapper que lorsque son père lui demanda de participer à une contre-attaque sur des tribus qui avaient attaqué les Beni ‘Abs. Il montra beaucoup de bravoure et de générosité, ce qui lui permit, entre autres, de pouvoir séduire Abla, sa cousine, dont le cœur lui avait été longtemps refusé à cause de ses origines et de sa peau noire.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

Follow Mohamed Aouragh on WordPress.com
%d blogueurs aiment cette page :